Des lycéens redonnent un visage aux déportés de la Shoah
À Chantilly, l’histoire ne se lit plus seulement dans les livres, elle se vit à travers le regard de la jeunesse. Dix lycéens de l’établissement Jean Rostand ont achevé un projet d’envergure intitulé « Sur les pas des déportés de Chantilly ». Plus qu’un simple exercice scolaire, cette aventure de deux ans les a transformés en véritables « passeurs de mémoire ».
Un travail de détective
Accompagnés par Sarah Gillois, responsable du patrimoine de Chantilly, ces jeunes enquêteurs ont exploré les sources primaires : lettres, registres et actes officiels. Ce minutieux travail d’archives a permis de reconstituer des parcours de vie brisés, notamment celui de la famille Smolenski ou des Gailes.
De l’archive à la réalité du terrain
Soutenu par la Région Hauts-de-France dans le cadre du dispositif « Devoir de mémoire », le projet a franchi une étape cruciale lors d’un séjour pédagogique. Aux côtés d’une centaine d’autres jeunes de la région, les lycéens se sont rendus sur les lieux mêmes de la tragédie, dans les camps en Pologne. Une confrontation nécessaire entre les documents de papier et la réalité géographique de la déportation.
Un film réalisé par et pour les jeunes
L’aboutissement de cette enquête est un film « brut et habité », intégralement piloté par les élèves, de l’écriture au montage. Ce documentaire n’est pas seulement un hommage aux victimes ; c’est le témoignage vibrant d’une génération qui s’empare de son histoire locale pour mieux éclairer le présent.
Ces jeunes ont présenté leur travail à de nombreuses classes, à des lycéens, des collégiens et dans une salle de cinéma de la ville pour les habitants.
Diffuser ce travail est aujourd’hui essentiel : il rappelle que derrière les chiffres et les noms gravés sur les monuments, se cachent des destins humains que ces lycéens ont réussi à arracher à l’oubli.